Henry Mintzberg : Il faut rééquilibrer d’urgence la société

Il faut rééquilibrer d’urgence la société !

H.MintzbergHenry Mintzberg, l’un des grands penseurs du management des organisations, invité par la Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises parle dans un entretien video de la nécessité de rééquilibrer d’urgence la société. Une telle évidence ne va pas sans susciter  d’abord la curiosité, puis quelques réflexions  et interrogations notamment dans le contexte des débats idéologiques et socio-économiques qui agitent notre société.


En effet,  alors que  la nécessité des réformes structurelles et la baisse des déficits publics deviennent le leitmotiv de l’intelligentsia économique et politique. A l’heure ou le  secteur public est malmené car accusé de tous les maux, taxé d’être peu compétitif et inefficace.  Au moment ou  les garanties sociales, les protections morales et juridiques se lézardent sous l’effet de la crise et des  critiques acerbes de quelques “rentiers” bien-pensants. Au moment ou le doute et l’impuissance pousse certains décideurs à fustiger la politique sociale, stigmatiser la fonction publique et oeuvrer  au démantèlement du modèle social et du  code du travail.  Face à tout cela, Il est  permis  de s’interroger sur le devenir de nos sociétés, sur la place du secteur public, le devenir de la protection sociale, de la solidarité et du vivre ensemble.

Si les reformes sont nécessaires et urgentes, il convient de les inscrire dans une  alternative économiquement viable et socialement vivable. En effet, une société qui  perpétue un modèle de  croissance intensive et destructrice des ressources, comporte le risque d’une destruction de la planète, d’une remise en cause de la protection sociale  et de  la solidarité entre les peuples et entre les générations.  Un tel modèle n’est  pas de nature à favoriser la cohésion sociale et le bien être économique du plus grand nombre. Le  sens de la collectivité risque de s’effacer encore au  profit de l’individualisme, du lobbyisme des multinationales et des groupes de pression rompue aux méthodes d’influence et d’opportunisme prédateur.

L’échec des conférences en faveur de la protection de l’environnement et la fragilisation de la démocratie ne sont que les symptômes de ce type de société qu’il convient de rééquilibrer comme le dit si bien Mintzberg, ou  au moins, ne pas pousser les déséquilibres, les inégalités et les atteintes à l’écosystème à des paroxysmes insupportables et peut-être irréversibles.

H.MEHREZ

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